histoires d'abeilles extraordinaires

Les abeilles, membres de la famille
Les biens apportés par les abeilles, que ce soit le miel ou la cire sont particulièrement appréciés en Europe et les abeilles s'y voient donc attribuer un rang équivalent à celui de membre de la famille. Il y avait donc d'anciennes habitudes qui voulaient que les grands événements familiaux soient aussi racontés aux abeilles de la maison.
histoires d'abeilles incroyables
Par exemple, en Angleterre, lors du décès du propriétaire, on va taper doucement sur la ruche trois fois avec la clef de la maison, avant d'expliquer précisément les causes du décès. Et peut-être pour faire accepter le deuil, on va recouvrir la ruche d'une toile noire. On dit que si les abeilles ont été oubliées, elles vont s'enfuir de la ruche de tristesse ou bien se laisser mourir dans la ruche.
Ces coutumes semblent aussi exister chez les indiens Ozarks d'Amérique. Il est possible que la coutume ait été importée avec les migrants européens.
En Angleterre, toujours, il faudra toujours annoncer le mariage de la fille du propriétaire. Si l'on annonce pas clairement le nom de l'époux, les abeilles en colère peuvent se mettre à piquer n'importe qui. Quels que soient les exemples, on voit bien le lien psychologique qui existe entre les hommes et les abeilles dans ces terres d'Europe où l'apiculture est si développée.
(Source: Masayasu Konishi -1992 "La culture des insectes" Asahi publications)

Connaissez vous les chasseurs de miel?
"L'histoire du miel est aussi l'histoire de l'homme" dit ce dicton anglais, qui laisse entrevoir à quel point les hommes et les abeilles sont liés depuis l'antiquité. Le miel était alors le seul produit sucré disponible à l'homme dans la nature, mais il impliquait des dangers conséquents tels que les piqûres d'abeilles et la récolte en hauteur. La chasse au miel était donc la tâche qui consistait à récolter le miel sauvage dans ces conditions.
Cette chasse au miel a été illustrée sur les murs de cavernes, par leurs habitants, il y a près de 9.000 ans, et on en a retrouvé des traces en 1924 dans les peintures rupestres des grottes de Alagna en Espagne. Après cette découverte, on en a fait d'autres, similaires, en Espagne, Afrique du Sud, Inde.
Selon les descriptions, il semblerait que ces peintures datent de la fin de l'ère glacière, après le mésolithique, elles représentent la chasse au miel de nids d'abeilles domestiques (apis mellifera) et d'abeilles géantes (en Inde, apis dorsata). Il semble que même à cette époque on utilisait des outils simples comme des paniers etc.
Ces méthodes préhistoriques sont encore en usage en Afrique de Sud, au sud de l'Arabie, en Inde (Himalaya), au Népal, en Asie du Sud-Ouest entre autres. Elles utilisent des outils tels que des cordes en lierres, des échelles, paniers, haches, couteaux, etc.
(Source Masayasu Konishi -1993 "L'histoire naturelle des insectes" Asahi publications)
Chasseurs de miel

L'apiculture au Japon
Le Japon, très dépendant de la culture continentale n'a donc lui aussi connu l'apiculture que tardivement. Il est écrit que le prince Yoho du royaume coréen de Paekche avait en 643 laissé une ruche à Miwayama (aujourd'hui préfecture de Nara, centre du pouvoir à l'époque), mais que celle-ci n'a pas prospéré. Mais la recherche indique que ces pratiques par des exilés du continent étaient moins liées à l'apiculture qu'à la divination (Takeshi Watanabe, 1974).
Au Japon, le miel était considéré comme un remède pour la noblesse et à la fin du IXe siècle, était offert en présent à la cour de chaque province du pays. C'est seulement dans la seconde moitié du XIIe siècle que l'apiculture prend pied au Japon, mais elle ne devient très active qu'à la période d'Edo (XVIIe siècle). À l'époque, il était considéré que la reine était en fait un roi et l'on s'aperçoit du retard si l'on considère que c'est en 1586 qu'un savant espagnol a annoncé que les œufs étaient en fait pondus par la reine.
Mais il y a quand même un certain nombre de points qui permettent de considérer que l'apiculture japonaise de Edo étaient légèrement en avance sur l'apiculture européenne. L'Europe en était encore à enfumer les nids au souffre pour en tuer les abeilles et les écraser pour en retirer le miel. Alors qu'au Japon il existait déjà des méthodes plus "humaines" qui consistaient à "tapoter le sommet de la ruche pour faire fuir les abeilles derrière celle-ci, à ce moment, couper le nid aux 2/3 et prendre le miel. Le reste du nid est suffisant pour que les abeilles le reconstruisent d'elles mêmes" (Shitomi Kangetstu, 1799 "Carte des spécialités du Japon des mers et des montagnes").
(Source: Masayasu Konishi -1992 "La culture des insectes" Asahi publications)

Les abeilles nées du bœuf
Dans l'Egypte ancienne, la Grèce et la Rome antique, l'abeille est à l'origine de nombreux mythes et
superstitions.
Virgile (Rome, -70~19) dans ses "Georgiques" explique que les abeilles naissent du corps
décomposé d'un veau mort. "Astrée, demi dieu, a enseigné aux hommes l'apiculture, mais il perd
son essaim à cause des crues répétées du Nil des famines et des maladies.
Désespéré, il chante sa mère et grâce à l'aide de celle-ci et de Protée, le vieillard de la mer, il lui est donné unmoyen de faire renaître son essaim. Il s'agit de tuer un veau et de laisser sortir les abeilles de ses entrailles.(traduction libre)"
Dans l'Egypte ancienne, cette légende a aussi servi de base à une "méthode pour faire naître les abeilles"
Après avoir tué un bœuf, on le mettait sous terre pour que seules sortent ses cornes. Celles-ci
étaient coupées et de cette entaille on attendait que sortent les abeilles. On pensait aussi que le "roi"
sortait de la cervelle, que les ouvrières, des muscles et que les guêpes sortaient de la mule et
que les autres espèces sortaient de l'âne. Il est bien sûr que les abeilles ne naissent pas d'un bœuf mort.
Les entomologistes modernes considèrent qu'il s'agit d'une confusion entre les abeilles et
les eristales gluantes qui elles naissent bien de la viande décomposée.
DIALDIALTO EN GUINEE-BISSAU Des abeilles interrompent l’enterrement d’un vieux de plus de 90 ans
Source : L'Observateur : Dernière Mise à jour : 05/08/2009 (Auteur : Daouda MINE)
Incroyable mais vrai ! L’enterrement de S.D, un vieux âgé de plus de 90 ans, a été interrompu par des abeilles à Dialdialto. Une affaire qui continue encore de faire grand bruit dans cette zone frontalière où le défunt était connu pour ses pratiques peu orthodoxes.
Les parents ou proches qui ont tenu à accompagner feu S.D, un vieux âgé de plus de 90 ans, jusqu’à sa dernière demeure n’oublieront pas de sitôt leur arrivée très mouvementée au cimetière. En effet, après les témoignages sur la piété du défunt et la prière mortuaire, le cortège funèbre s’ébranle en direction du cimetière de Dialdialto, localité située en République sœur de Guinée-Bissau, à environs 15 km au sud de la ville de Kolda, pour enterrer le vieux S.D. Mais c’était sans compter avec une niche d’abeilles perchée très haut dans un arbre.
Sans crier gare, les abeilles se sont attaquées au convoi funèbre, dispersant du coup la foule de parents et d’amis venus rendre un dernier hommage au défunt. Sur les lieux, la débandade a donné lieu à un cafouillage indescriptible. Les gens ont pris la fuite, livrant ainsi le cercueil aux abeilles. De retour au domicile du défunt, le deuil a été, un instant, oublié. À la place, ce sont plutôt des commentaires... Certains dignitaires religieux et notables de la zone ont soutenu que c’est un fait naturel. «C’est une volonté divine ; ça devait arriver et c’est arrivé», disent-ils. D’autres, en revanche, attribuent l’évènement aux pratiques peu orthodoxes du vivant du vieux défunt. À en croire nos interlocuteurs, le vieux S.D était très versé dans les pratiques occultes. Il était souvent sollicité par des personnes venues de divers horizons, victimes de mauvais sorts, que le vieux S.D réussissait toujours à conjurer.
Ce n’est qu’après plusieurs heures que les enfants du vieux S.D se sont finalement décidés à retourner au cimetière pour la mise sous terre de leur défunt père. Après que les abeilles se sont calmées.
Laguiole : toute la vérité sur une abeille centenaire

1909-2009. Toute la journée d'hier, Laguiole et l'Association de défense du nom Laguiole Aubrac ont célébré le centenaire de « l'abeille ». Celle-là même qui orne le couteau. En marge des démonstrations des couteliers partenaires, du marché au miel et d'autres animations, Christian Lemasson (lire ci-contre) a dévoilé l'histoire de l'un des principaux symboles du plateau.
Cette abeille, justement. Peu d'Aveyronnais savent ce qu'elle évoque. Certains avancent bien quelques légendes ! La plus répandue est celle qui veut que Napoléon III l'ait décernée à un Laguiolais en reconnaissance de sa bravoure au combat. « Ce sont des bêtises », lâche Christian Lemasson, le premier à avoir mené une étude sur le laguiole. Il entend rétablir la vérité : « Les premiers couteaux n'étaient pas décorés ; ils avaient une mouche lisse. Attention, le terme "mouche" n'a rien à voir avec l'insecte ; il s'agit d'une pièce de coutellerie ».
Les premiers décors sont apparus en 1880. Il s'agissait alors de motifs floraux. « Et l'abeille a été créée chez Calmels fin 1908 ou début 1909 », poursuit-il. « Pourquoi l'abeille ? Un gars a trouvé que cet emblème était joli. De plus, il soulignait ainsi le rôle primordial de l'insecte dans la pollinisation de l'Aubrac. » Lancé dans son récit, Christian Lemasson retrace l'histoire du couteau qui a pris la forme qu'il a actuellement entre 1850 et 1860. Certes, on faisait déjà de la coutellerie taillanderie à Laguiole au Moyen Age. « Mais le premier coutelier était Moulin et non Calmels, comme beaucoup le croient », indique le spécialiste. « La famille Moulin s'est installée en 1825 avant de partir à Saint-Côme-d'Olt en 1875. Calmels, quant à lui, a peaufiné son art à partir de 1829. Puis, il a monté son propre atelier en 1836. » En revanche, c'est à lui que l'on doit certainement la renommée du laguiole. « Le mot "laguiole" apparaît pour la première fois en 1868, lorsque Calmels reçoit une médaille pour récompenser son savoir-faire d'artisan », raconte l'historien. « Le jury avait alors salué la qualité et la forme du "couteau de Laguiole". Un couteau qu'il avait estimé fonctionnel, élégant et solide. » Une réputation qui a traversé les décennies et assuré la renommée de la capitale du Nord Aveyron.
charles leduc
Centre Presse
Vertues ancestrales du miel
Le miel se conserve presque indéfiniment. En raison de sa concentration élevée en sucre,
il tue la plupart des bactéries par osmose (l’eau contenue dans la bactérie traverse
la membrane bactérienne pour diluer le sucre). Des archéologues ont ainsi retrouvé
du miel comestible dans les tombeaux des pharaons égyptiens.
Les Égyptiens, qui connaissaient les vertus du miel, l’utilisaient pour
se soigner et embaumer les morts. Les Grecs et les Romains
conservaient les fruits et les viandes en les immergeant dans du miel.
De l'utilisation insolite des abeilles *
Albert Simon est un spécialiste des abeilles et un conférencier qui aime faire partager ses connaissances sur cet insecte hyménoptère (ordre des insectes à deux paires d'ailes membraneuses, comprenant aussi les guêpes et les fourmis).
C'est à l'occasion d'une de ses conférences, faite à Fouras, qu'il a expliqué les utilisations quelque peu insolites que l'homme a pu faire des abeilles comme armes redoutables pendant les guerres et les conflits. La piqûre d'abeille, cette arme naturelle de l'insecte, entraîne toujours une grande douleur et une réaction plus ou moins dangereuse qui va de la simple rougeur à l'exceptionnel arrêt respiratoire chez des personnes très allergiques.
Les exemples d'utilisation de ces insectes sont nombreux : on sait que jusqu'au moyen âge, il était fréquent de placer des ruches à l'entrée des cités pour en interdire l'accès aux assaillants. Mais d'autres témoignages d'historiens donnent des exemples plus précis. Ainsi en 60 avant JC, en Arménie, les légionnaires romains ont battu en retraite, assaillis par des essaims d'abeilles projetés par l'ennemi. Au XIe siècle, à Alep (Syrie), les Croisés (dont Godefroy de Bouillon) levèrent le siège de la citadelle lorsque les assiégés lancèrent du haut des remparts des ruches pleines d'abeilles en furie.
Au XVIe siècle, Della Rocca raconte comment un bateau corsaire avec 50 hommes et quelques ruches de terre cuite s'empara d'une galère turque de 500 hommes, en jetant des ruches du haut des mats. Au XVIIe siècle, dans la Meuse, les habitants d'un village, réfugiés dans le clocher de leur église, n'ont eu leur salut qu'en balançant des abeilles sur les troupes ennemies.
En 1730, à Calenzana, les Corses s'opposent à la République de Gènes et aux mercenaires allemands chargés d'y rétablir l'ordre ; les femmes de la ville, qui avaient stocké sur leurs fenêtres toutes les ruches des environs, les ont déversées sur les mercenaires, d'où la mort de 500 d'entre eux, enterrés à l'entrée de la ville.
Plus proche de nous, la Seconde Guerre mondiale fut également l'occasion d'une participation active des abeilles dans différentes phases du conflit. En 1942, un célèbre apiculteur de Provence raconte dans un livre, qu'au moment d'être embarqué pour la déportation en Allemagne, il a projeté deux valises pleines d'abeilles dans la figure des deux sentinelles allemandes, qui surprises et terrifiées n'ont rien pu faire d'autre que de le laisser s'échapper avec une quarantaine de résistants. En 1944, en Normandie, des soldats allemands sont retranchés dans une ferme transformée en bunker ; une sentinelle renverse malencontreusement deux ruches habitées et, avec un essaim sur le dos, il se précipite dans le bureau du général ; les Allemands, piqués de partout, quittent rapidement leur camp retranché en abandonnant tout leur matériel.
En Creuse également, en 1944, les maquisards attaquaient les convois de soldats allemands qui remontaient du midi vers le front de Normandie, après « le coup de feu » il fallait se sauver le plus rapidement possible, des maquisards ont alors utilisé, pour couvrir leur retraite, des essaims d'abeilles qui ralentissaient dans leur course les militaires allemands et leurs chiens si redoutés.
En clôture de sa conférence, Albert Simon a expliqué comment aujourd'hui, on utilisait les abeilles pour détecter les mines antipersonnel. En effet les fameuses capacités olfactives de l'abeille constituent la base des chercheurs des laboratoires américains et anglais, qui dressent ces insectes à la reconnaissance du TNT.
*lamontagne.fr
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