Loin des regards, un des quartiers les plus défavorisés de New York se transforme en ruche.
La ferme urbaine d'East New York, à Brooklyn
Au bout de la ligne 3 du métro new-yorkais, loin des gratte-ciel de Manhattan et de la station « Wall Street », le quartier d’East New York. Logements vacants, pancartes « à vendre », fast-foods et poubelles pleines non-ramassées : 173.000 personnes vivent dans ce ghetto de l’est de Brooklyn.
Ce quartier parmi les plus défavorisés de New York a décroché plusieurs années de suite le triste record des homicides en ville. La population, noire et hispanique, y souffre de nombreuses maladies liées à l’alimentation. Un journal local a remarqué qu’il était bien plus facile d’y trouver des frites qu’une tomate.
Dans ce paysage désolé, une petite communauté rêve de faire évoluer les habitudes alimentaires. Ils sont apiculteurs et se disent que la production de miel peut créer des emplois et que la pollinisation permettrait d’offrir aux riverains des produits frais. Ils ont installé leurs ruches là sur un balcon, ici dans un jardin, ou là encore sur un toit.
Fondatrice d’un potager communautaire, « Hands and heart » (« les mains et le coeur »), Michele Danels s’occupe de deux ruches : « Je veux que ce quartier pauvre découvre les bienfaits économiques et médicinaux du miel. Il en a désespérément besoin. »
Jusqu’en mars dernier, l’apiculture était illégale à New York. Le maire Rudolph Giuliani l’avait interdite en 1999, au même titre que la possession de serpents et d’araignées. Conséquence logique, les ruches clandestines ont essaimé à travers la ville et des structures de soutien, comme la puissante « New York City Beekeepers Association » (« les gardiens des abeilles de New York »), se sont mises en place.
A East New York, Deborah Greig, coordinatrice agricole à East New York Farms a endossé cette casquette de soutien aux apiculteurs. La jeune femme s’occupe d’une ferme urbaine, dotée de deux ruches, coincée entre une voie ferrée aérienne et une rangée de maisons. Depuis 2004, elle conseille les apiculteurs locaux et sensibilise les jeunes sur l’élevage d’abeilles à miel.
Selon elle, une dizaine de ruches sont actives dans le quartier. Elles occupent au moins sept apiculteurs, contre quatre l’an dernier : « East New York a plus de 60 potagers communautaires, ce qui est beaucoup plus qu’ailleurs. De nombreux immigrés connaissant l’apiculture de leur enfance vivent ici. Certains veulent les revenus du miel, d’autres sont sensibles aux vertus de la pollinisation, d’autres le font parce que c’est un passe-temps agréable ».
Pour l’heure, aucun riverain ne s’est plaint de la présence de ruches, au contraire. Chaque semaine, ils se précipitent sur le East New York Honey, vendu à moins de $10 au marché du coin. « Le miel de East New York est particulièrement riche du fait de la diversité des arbres dans le quartier, note Deborah dont la ferme a produit 45 kg de miel en 2005 avec une seule ruche. Les abeilles peuvent parcourir jusqu’à 5 miles (8km) donc personne ne sait d’où vient le miel. Mais j’aime penser que celui d’East New York est unique ».
« Il y a plusieurs siècles, East New York, était un grand champ », relève Gemma Garcia. A 63 ans, elle est une nouvelle venue au club des apiculteurs locaux : « L’histoire se répète », dit-elle.
source : le blog du XXI
Decouvrir les Abeilles avec Textes, photos, animations, videos.En savoir plus sur la ruche, le miel, la vie de ces petites amies ailées menacees de disparition
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